patissserie Haricot rouge credit photo JNTO DVD

Crédit photo : Japan National Tourism office

Le haricot rouge ou Haricot Azuki est au Japon ce que le marron glacé est à la France, en pire ou en mieux selon que l’on apprécie l’une ou l’autre de ces spécialités.
Le haricot rouge est « LE « dessert par excellence au pays du soleil levant. Bien sûr, d’innombrables boutiques vendent les délices occidentaux, essentiellement les nôtres d’ailleurs, en les adaptant au goût Japonais. Et avec un franc succès. Mais si vous voulez connaître le Japon, il vous faudra en passer par le Anko sucré. C’est une pâte dense,granuleuse et extrêmement sucrée, dont la saveur un peu douceâtre sans grande particularité ni caractère, laisse parfois un peu perplexe. Mais les Japonais en raffolent et la mettent à toutes les sauces pour peu qu’elles soient sucrées. On le retrouve par exemple dans l’une des friandises les plus connues, le « Dorayaki », auquel l’un des cinéastes les plus talentueux de l’archipel a même consacré tout un film.
Mais le haricot rouge s’habille aussi parfois de pâte de riz gluant. En émerge une petite délicatesse moelleuse qui colle aux dents et au palais, qui ressemble à une méduse aplatie et triangulaire et qui, recouverte de poudre de cannelle, se laisse ma foi, finalement bien déguster. Certes il faut passer outre l’aspect peu engageant et légèrement grossier, mais la surprise est bonne.
En fait, comme souvent au Japon, l’Anko est originaire de Chine. On le retrouve également en Corée.
Mais les Japonais en ont, comme à leur habitude, fait tout un art. De la simple pâte gélifiée en forme de brique que l’on tranchera, jusqu’au petit gâteau délicatement ciselé pour rappeler la corolle d’une fleur, l’Anko est partout.
Pas toujours pour notre plus grand plaisir d’occidentaux, quoique certains d’entre nous en soient très friands.
Méfiez-vous de la splendide boite que vous présente votre collègue Japonais de retour de chez lui. Sous des dehors appétissants, se cache le petit trésor nippon que vous ne découvrirez que lorsque, la bouche pleine, vous mastiquerez une substance inhabituelle.
L’Anko n’est pas mauvais,  il « n’emporte » juste pas le palais. Mais il fait partie de l’âme Japonaise au même titre que la laque de Kanazawa ou la paire de baguette en bois que l’on détache avant utilisation.
Généralement rouge, il existe aussi en version blanche que l’on trouvera moins facilement mais qui manque tout autant d’originalité. Vous l’aurez compris, je ne suis pas très adepte de cette particularité asiatique que les Japonais ont consacré dessert ultime. Si vous souhaitez mesurer vos papilles à cette étrange spécialité, préférez la servie avec une glace macha, au thé vert. Les deux saveurs semblent faîtes l’une pour l’autre, en un mariage exotique, tant elles se subliment et se combinent pour donner un équilibre quasi parfait.
Mais rares sont les restaurants qui en proposent, les deux produits étant assez onéreux individuellement et peu demandés en fin de repas.
Le haricot rouge sucré, c’est un peu la madeleine de Proust de tous les Japonais. L’équivalent de notre crème au caramel ou de notre pain au chocolat. C’est une toute petite part de la gastronomie nippone, mais qu’on l’aime ou pas, c’est  un incontournable.
Vous n’en trouverez, de qualité, qu’assez difficilement à Paris. Les boutiques et traiteurs Japonais du quartier de l’Opéra en ont quelque fois, mais sous sa forme la plus élémentaire (le pâté gélifié) ou en Doriyaki, c’est à dire sous deux pancakes que cette substance sucrée colle l’un à l’autre.
Pour une expérience plus riche et plus variée, il vous faudra faire le déplacement, et franchement on a vu de bien plus mauvaises raisons. Ou alors, si vous avez la chance de fréquenter des expatriés, demandez leur de vous en ramener lors de l’un de leur voyage dans la mère patrie….enfin lorsque de nouveau la circulation sera plus libre.
En version traditionnelle ou adaptée à nos pâtisseries, vous aurez le choix,  mais vous ne pourrez pas faire l’impasse sur l’Anko si vous êtes réellement curieux du pays et de sa culture.