previous arrow
next arrow
Slider
Le Japon est un archipel, c’est un poncif. Mais en fait, que connaissons-nous en dehors de l’île principale de Honshu, où se trouvent les sites les plus touristiques et donc les plus visités: Tokyo, Kyoto, Nara, Hiroshima, pour ne citer que les plus célèbres.
Il est vrai aussi que pour un premier voyage, ce sont des points essentiels à la découverte de ce magnifique pays.
Si vous souhaitiez aller plus loin dans votre initiation à la culture nippone, il est une île incontournable, tant par son  côté sauvage et la beauté de son littoral que par sa vocation religieuse incontournable; C’est l’île de Shikoku accessible en train via la ville d’Okayama, comptez 4h30 de Tokyo, 2h15 de Kyoto ou Osaka vers Takamatsu, et 2h00 de Ferry de Wakayama situé à 75km au sud d’Osaka vers Tokushima : https://shikoku-tourism.com/fr/transport
Saviez-vous par exemple qu’il y existe un pèlerinage  jumelé avec celui de Compostelle ? d’ailleurs, quelques centaines de nos concitoyens le parcourent chaque année (lorsque tout va bien, évidemment). Quelques touristes américains aussi s’y aventurent, mais cela reste malgré tout confidentiel.
En réalité, Shikoku est sans doute l’île la moins « touristique » du Japon.
Il faut dire que le train y est très peu développé et que les déplacements sont peu adaptés aux non nippophones et donc assez problématiques. Il existe bien des réseaux de bus mais rien n’est fait pour aider le visiteur étranger, d’autant que les habitants ont presque tous leur propre véhicule.
Cependant, c’est une île centrale dans l’histoire spirituelle du pays car c’est ici, qu’au IXème siècle, le moine Kukai, fondateur du bouddhisme Japonais, le « Shingon », a vécu son illumination après avoir cheminé et médité sur ce qui est maintenant connu comme la route « Shikoku Ohenro ».
Il est depuis révéré par tout un peuple, sous son nom posthume de Kôbô-Daishi » et chaque Japonais se sent le devoir au cours de sa vie, de partir à sa suite, à pied de préférence, en quête de sa propre rédemption.
C’est une route mystique et mythique, circulaire, qui court tout le long du littoral de Shikoku et qui est ponctuée de quatre-vingt-huit temples, marquant chacun une étape dans l’éveil de Kôbô-Daishi.
Bien qu’ils soient numérotés, il n’est pas nécessaire de les visiter dans l’ordre, ni en une seule fois.  https://shikoku-tourism.com/fr/shikoku-henro/shikoku-henro
Shikoku, c’est aussi l’île d’une nature sauvage, moins canalisée et agencée que sur le reste du territoire.
Il s’y trouve des sites d’une beauté sidérante, comme au nord, qui donne sur la mer intérieure et dont nous avions évoqué la splendeur dans un précédent article; le sud, lui, se tourne vers le Pacifique et lui présente une immense côte escarpée dont la vue est à couper le souffle. Le coeur est montagneux et boisé.
Que vous louiez une voiture ou que vous tentiez les transports locaux, vous découvrirez ici un Japon secret où subsistent des oasis de verdure, épargnés par la modernité.
Tout y est luxuriant, indompté, magnifique, ressourçant. De sublimes paysages se déploient, se révèlent et s’exposent au regard émerveillé;
Des montagnes couvertes de forêts denses répondent aux vallées perdues dans le brouillard d’où émerge le rougeoiement des feuilles d’érable à l’automne ou les éclatantes couleurs du printemps en avril et en mai. Les verts foisonnants de l’été laissent perler les gouttes de soleil sous les frondaisons humides; les sentes, les allées silencieuses, s’enfoncent dans les bois profonds. De petits ponts Japonais traditionnels enjambent les rivières, les cours d’eau se perdent  en cascades miroitantes, les torrents grondent et les lacs scintillants ouvrent un espace infini de reflets depuis les pentes en surplomb.
Il y a ici si peu de visiteurs, qu’il est aisé d’oublier le temps, de trouver en soi une joie si pure, une si grande sérénité que le Japon moderne semble ne jamais avoir existé.
Shikoku est l’île des romantiques, des poètes, des amoureux du silence méditatif. C’est le Japon d’avant les hommes, un lieu caché, authentique et millénaire. Il y a ici un souffle magique à la Miyazaki.
Les arbres sont habités mais jamais inquiétants. Au contraire.  Ici, c’est la nature qui protège, qui initie à l’intimité de soi avec douceur et tolérance.  Shikoku n’est sans doute pas étrangère à la grande richesse culturelle Japonaise, et ce n’est pas sans raison, non plus, que le moine Kukai a trouvé ici la fin de sa quête.
Il est d’ailleurs impensable de repartir sans avoir au moins prié dans quelques uns des temples du pélerinage. C’est un peu ardu, à pied, sauf si vous tenez la forme, et surtout, très long. Comptez un mois environ.
Certaines étapes peuvent être raccourcies grâce aux bus locaux qui vous avancent de plusieurs kilomètres.
Les habitants sont aussi très attentifs aux besoins des pélerins qu’ils respectent profondément. Certains les attendent même au bord du chemin pour leur offrir nourriture et boissons.
Vous pourrez loger en monastères, ou bien en Ryokan, selon votre propre quête et votre budget. A chaque temple visité vous recevrez un coup de tampon témoignant de votre venue.
Mais Shikoku compte aussi quelques sites exceptionnels ; Ainsi le tourbillon de Naruto, véritable phénomène physique lié aux marées, que l’on peut observer deux fois par jour sous le pont d’Onaruto que relie l’île au reste du pays.
Ne manquez surtout pas le jardin « Ritsurin Koen » à Takamatsu, l’un des plus beaux du Japon.
Enfin, si le coeur vous en dit, des ferries relient les principales villes côtières aux îles de la mer intérieure. https://shikoku-tourism.com/fr/about-shikoku/about
Shikoku n’est pas un lieu de passage. C’est l’un des coeurs battants du pays et ne lui consacrer qu’une simple escale serait s’éloigner d’une possible compréhension de l’âme Japonaise.