Kyoto jeunes filles en promenade

Crédit photo Marie Bellentani

Le kimono Japonais…..
Tout un symbole, un fantasme, un emblème de ce pays fascinant et mystérieux.
Il faut d’abord préciser qu’on ne parle pas ici du « Yukata », une sorte d’avatar en coton, qui peut parfois
être luxueusement décoré, mais qui n’est qu’une version beaucoup moins raffinée et que l’on retrouve d’ailleurs
fréquemment dans les chambres d’hôtels ou de Ryokan en guise de cadeau d’accueil.
C’est bien pratique, je vous le concède, pour déambuler dans les couloirs ou paresser au lit.
Mais cela ne peut absolument pas se comparer aux extraordinaires étoffes, souvent de soie, parfois de fibres
végétales (prunier ou chanvre par exemple), qui font l’incomparablebeauté du vrai kimono Japonais. Et dont le prix
est en conséquence.Il se dit au Japon qu’il faut environ 6 mois de salaire pour s’en offrir un neuf.
Mais c’est à la hauteur des techniques traditionnelles utilisées pour créer les somptueux motifs qui font de
chaque kimono une œuvre d’art unique ; il y a d’abord le tissage plus ou moins élaboré, sur métier, pour obtenir
des lais de toujours 35cm de largeur, dont l’assemblage formera le vêtement définitif, sans jamais qu’ils soient
coupés, mais uniquement pliés ou cousus. Il peut s’agir de taffetas, de satin, de crèpe ou de gaze.
Viennent ensuite les opérations de teinture puis la création des dessins, au calque ou au pinceau, qui laissent
s’exprimer toute l’âme artistique japonaise. Il peut s’agir de motifs traditionnels inspirés par la nature (des arbres
ou des fleurs) ou de formes géométriques. Il y aura aussi systématiquement une couleur majoritaire rythmée de
pleins et de creux, ainsi que des broderies, parfois de fil d’or ou d’argent.
L’ensemble du processus peut prendre jusqu’à un mois selon la richesse et la complexité du travail à réaliser.
L’étape finale est l’assemblage, en forme de T. D’abord l’avant et l’arrière puis les bras. Seuls les décors et la
longueur des manches permettent de distinguer un kimono féminin d’un kimono masculin puisque la forme globale
ne tient pas compte du genre ni de la silhouette de la personne qui le portera.
De nombreux accessoires sont associés au kimono ; L’un des plus connu, surtout des cruciverbistes, est le Obi,
sorte de ceinture très large et longue, également d’une grande beauté ; Aussi, les sandales en boisavec les
chaussettes qui s’enfilent en séparant le pouce du reste des orteils.
Le Kimono n’est pas qu’un magnifique habit couteux. Il pare autant l’âme que le corps des japonaises pour
lesquelles il est fréquemment un héritage familial. Elles se le transmettent de mère en fille sur parfois plusieurs
générations et le portent lors des événements importants de leur vie adulte : leur mariage, les grandes cérémonies
religieuses shintoïstes, les moments marquants.
C’est un artisanat ancestral sans doute moins connu et recherché que celui des katanas, mais il est au moins
aussi incontournable car il est le pendant intime de la voie guerrière masculine.
Si vous avez déjà eu l’occasion d’en admirer, vous ne pouvez pas avoir oublié la sublime beauté des dessins, la
riche profondeur des teintes, l’épaisseur du tissu que l’on a envie de pétrir et qui appelle autant la caresse que la fourrure d’un chat.
Il n’y a malheureusement pas beaucoup de boutiques où vous pourrez acheter un authentique kimono, car il s’agit
d’un produit de luxe à la très haute valeur culturelle. Soyez vigilants sur la qualité, surtout à l’étranger.
A Tokyo, certaines échoppes vous proposent des modèles d’occasion, un peu moins onéreux mais tout aussi
somptueux. Si vous avez un jour la chance de pouvoir en ramener un, n’oubliez jamais qu’il porte en lui un peu
de la magie de l’âme Japonaise.